Qui dit Canada dit grand froid. Et qui dit grand froid dit neige ! Et qui dit neige dit … Bon tu m’as compris, si tu viens au Canada, l’idée de faire du traineau à chiens te passera forcément par la tête, car tu verras, ici les chiens, c’est une grande passion ! Je me suis donc greffée à Stanley et ses 19 chiens, au Québec, de janvier à avril 2018 afin de gouter à la vie de Musher.

Il est temps de faire le bilan de mon expérience (merci HelpX) dans ce nouveau monde. C’était l’fun et j’ai appris plein de choses. Finalement, le plus anecdotique, c’est que ce que les choses que j’ai préféré dans ce style de vie, sont aussi celles qui m’ont rendu le plus dingue.

 

Compte-rendu.

 

Chiens qui courent

 

Les chiens :

Commençons par le plus intéressant, les chiens sont au centre de la vie du Musher. Et le Musher, il en a pas qu’un, non, il peut en avoir une dizaine, comme une vingtaine, et il peut même en avoir 150 s’il veut !  Evidemment qu’ils sont mignons avec leurs 4 papattes, leurs langues qui pendouillent et leurs regards de loveurs ! Plusieurs fois par jours ils se mettent à chanter ensemble et tu découvres petit à petit les habitudes et le caractère de chacun, trop canon. Beaucoup d’amour à donner et à recevoir.

Mais il faut vraiment les aimer, je te le dis, par ce que tous les jours tu dois lever tes fesses pour aller les entrainer, jouer, les nourrir, nettoyer leurs espaces, et ce que tu dois faire pour un chien, tu dois le faire pour TOUS, et avec un enthousiasme égal, même quand t’as la flemme, même quand t’en peux plus, même quand il fait -20 dehors, qu’il neige et qu’il vente, et qu’ils gueulent dans tes oreilles pendant 4 heures ! Et oui, ces chiens vivent en meutent et ne sont pas habitués à se taire, ils sont un peu sauvages, je t’aurais prévenu(e) !

 

 Vue de la maison

 

La météo :

Parlons-en de la météo ! Pour faire du traineau à chien, il faut de la neige, et la neige c’est beau, c’est pur et on aime ça ! La neige magnifie tout ce qu’elle recouvre, elle tombe silencieusement des nuages, puis elle scintille sous les rayons du soleil, pour ta plus grande fascination.

Seulement pour avoir de la neige, il faut qu’il fasse froid (rien n’est gratuit dans ce monde). En plus d’être ton sujet de discussion numéro 1 plusieurs fois par jour, ce qui ne te rend pas plus intelligent, tu dois donc travailler dans le froid ! Même si tu es équipé(e), on parle quand même d’une amplitude générale allant de -40 degrés à 10 degrés, ce qui n’est pas facile tous les jours, en plus, à la fin de la saison, la neige finira en « slush » dégueulasse, et ça par contre, on aime pas ! Je t’aurais prévenu(e) !

 

 

Alex de 7h15 avec 2 chiens

 

L’effort physique :

Contrairement aux idées reçues du style « nan mais toi tu fais rien, c’est les chiens qui travaillent », le mushing c’est très physique, personnellement je compare mon expérience quotidienne avec une séance de crossfit car c’est exactement ce que j’ai ressenti. Tu fais énormément de musculation, car il faut constamment porter des charges lourdes, te baisser, te relever. Abdos en béton, dos droit, épaules plus carrées, mains, bras et cuisses musclés sont ce qui t’attend. Ce n’est pas une vie d’oisiveté, tu rentre essoré de chaque journée, et chaque repas tu as vraiment l’impression de le mériter.

Au début c’est extrêmement pénible si tu n’as pas l’habitude, personnellement j’avais envie d’aller me coucher à 18 heures et je me réveillais en pleine nuit car la douleur dans mes mains était insupportable. Puis on s’habitue. Mais parfois, tu aimerais faire une pause. Mais tu ne peux pas. Puis tu voudrais bien un massage, mais il n’y a personne pour te masser, je t’aurais prévenu(e) !

 

 Trace de pas dans la neige du lac Charland

 

L’isolement rural :

Le musher doit avoir accès à des pistes enneigées tout l’hiver pour pouvoir faire courir ses chiens en paix. Et pour avoir accès à des pistes de bonne qualité, il faut s’isoler des villes pour trouver de l’espace, et de l’intimité.  Travailler avec les chiens, c’est une passion bien sûr, mais aussi un vrai lifestyle. Les mushers sont des personnes qui vivent dans des endroits assez isolés donc, pour faire cohésion avec la nature, et avec leurs chiens. Par contre, ce ne sont pas des asociaux, loin de là. Mais il faut bien faire des choix !

Mais quand je dis qu’il n’y a personne pour te masser, ce n’est pas une blague. Personnellement, le premier village était à 36 kilomètres du chalet, accessible par une route dégradée, donc on mettait 1 heure de temps pour s’y rendre ! Puis au début c’est impressionnant d’entendre ton écho 5 fois quand tu gueules, puis au bout de 3 mois, tu aimerais bien parler à quelqu’un quand même ! Bref c’est là que tu vas pécho, je t’aurais prévenu(e) !

 

 

Alex de 7h15 en motoneige

 

L’authenticité :

Comme je l’expliquais, tu ne croises pas grand monde, et tu es bien loin des conventions sociales que l’on connait dans les agglomérations. Donc c’est la fête, tu peux enfin vivre en pyjama, ne pas te maquiller, dormir avec tes chaussettes, ne pas te coiffer, parler trop fort, ne pas parler ! Bref tu fais ce que tu veux en fait, il n’y a personne et de toute façon, tout le monde s’en fou. Tu ne ressens plus le besoin de plaire et tu peux te sentir plus naturel(le) et c’est très agréable. Quand tu reçois enfin de la visite, la relation que tu construis est plus sincère et moins influencée par l’image et le statut social que tu renvoies, et ça c’est vraiment cool.

Mais voilà, parfois c’est un peu trop authentique, t’as l’impression de travailler avec les deux pieds dans la merde tout le temps, tu fais des efforts donc tu transpires et tu te sens sale. Il faut embrasser le lifestyle et faire une croix définitive sur le glamour. Et pour moi qui travaillais sur l’Avenue Montaigne à Paris, ça fait une grosse différence d’un coup ! Fini le petit rouge à lèvre et les ongles bien faits. Fini les caprices, tout court.

 

 

Vue du lac Charland

 

La patience :

« La patience est une vertue qui s’acquière avec de la patience. » Alessandro Morandoti (auteur)

Pour terminer, je dirais que grâce à ce lifestyle, tu apprends un peu mieux ce que c’est que la patience. Dans ce style de vie, rythmé par les saisons et les conditions météo, tu apprend que c’est le temps qui règle tout (aussi l’argent eheh).

Tu apprends à apprécier les petites choses de la vie comme avoir des toilettes qui fonctionnent par exemple. Une fois ça a pété et on a dû attendre le réparateur pendant une semaine (pénible), je te passe les détails hein. On a aussi eu un épisode neigeux qui a duré pratiquement un mois. Un mois pour voir un rayon de soleil… il a fallu l’attendre. Quand l’éléctricité a pété et qu’après quelques heures dans le froid, on s’apprétait à aller dormir sans chauffage une nuit où il faisait -30 degrés, tu te dis que tu ne verra plus jamais ton café ou ton thé du matin de la même façon. 

Bref, « sometimes, shit happens », je t’aurais prévenu(e) !

 

View

 

 

Et donc ?

Chaque expérience est différente bien sûr. Je dirais que je l’ai bien vécu car j’étais prête mentalement pour cette vie minimaliste et isolée, j’en avais envie. Puis ce n’était que quatre petits mois.

J’ai découvert un envirronnement que je ne connaissais pas et c’est exactement ce pourquoi j’ai choisi de partir en PVT:

Vivre dans un endroit ou je n’aurai jamais vécu en France, partager la passion, le quotidien, les joies et les problématiques de quelqu’un qui est a priori complètement différent de moi, rencontrer de nouvelles personnes, travailler avec des animaux, connecter avec la nature…

J’en garderai un souvenir impérissable et des amis pour la vie.

Enfin, te voilà bien avisé si tu veux suivre mes pas… Je te laisse sur ces paroles de vrai musher :

« Le mushing, si c’est un super rêve, c’est aussi un p*tain de cauchemar !!! »

Alex

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Alex
Alex

Pvtiste au Canada

Hello et bienvenue sur mon blog !

Je suis Alex, j’ai 26 ans et je suis originaire de Paris, en France.

En janvier 2018, je rejoins la grande communauté et famille de PVTistes et je souhaite à mon tour vous faire partager mon expérience et mes conseils.

Je troque tout contre un simple visa direction : le CANADA !

Tout au long de ces 2 ans, j’espère vous inspirer et vous motiver à me rejoindre.

Bonne lecture !

Ecris-moi ici !